Les Côtes d'Armor en passant par l'île de Bréhat

24/03/2025

Jour 1 

Mon voyage dans les Côtes d'Armor commence par le phare de Nantouar situé à l'extrémité sud-est de la rade de Perros-Guirec, sur le rivage de l'anse du même nom. 

Construit entre 1859 et 1860, il est constitué d'une tour blanche de 10 m accolée au pignon de la maison du gardien. Il a été mis en service en août 1860, puis électrifié en 1937 et finalement mis hors service en 1976. Le bâtiment a été vendu en 1994 à un propriétaire privé et un temps référencé par Gîtes de France.


Mon voyage se poursuit vers le rocher de la Sentinelle, à Port-Blanc, petit village de Penvénan, et, son oratoire surmonté d'une croix et orné de deux statues : celle de Saint Tugdual et celle de Notre-Dame de la mer.

Un oratoire est un lieu consacré à la prière ou petit édifice appelant à la prière, voué au culte d'un saint ou d'une sainte représenté par une statuette.

Je remonte ensuite la côte vers le moulin à marée de l'île de Balanec. Edifié sur une digue en 1498 par le seigneur de Keralio de Plougrescant. Il aurait fonctionné jusqu'au milieu du 18ème siècle, avant d'être détruit. En 1836-37, un armateur et commerçant de Tréguier entreprit de construire un second moulin sur le même site, moulin que nous connaissons aujourd'hui.

Toujours en remontant la côte, mon chemin me mène au gouffre de Plougrescant, site touristique très fréquenté l'été mais désert en ce mois de mars. Le lieu est connu pour sa maison entre les rochers (Castel Meur) endroit emblématique de Plougrescant.

Je coupe ensuite dans les terres pour rejoindre le village de Loguivy de la MerDu petit port , on peut apercevoir le phare de la Croix situé au large de Ploubazlanec, Ce phare de 18,50 mètres de haut, fût érigé en 1867 sur le rocher de la Croix. Il sera automatisé en 1911 et détruit par les Allemands en 1944 puis reconstruit à l'identique en 1949. 

Dans le village, et au fond d'une impasse, se cache un petit sentier qui permet d'avoir accès à la gréve et une vue dégagée sur l'île de Roc'h Conan et sa maison en ruine. (Aucune information trouvée sur cette bâtisse ce qui laisse supposer qu'elle n'est pas référencée au patrimoine comme corps de garde ou cabane de douanier.) 

Ma journée s'achève sur cette superbe vue du phare de la Croix.

Jour 2

8h00 du matin, j'embarque sur la première navette au départ de l'Arcouest pour l'île de Bréhat sous un ciel chargé et une averse de grêle qui viennent occulter les quelques timides rayons de soleil.

Je loue un vélo électrique pour arpenter les chemins de l'île, aux dénivelés bien raides par endroit, et file vers mes premiers spots: la citadelle, l'abri et cale de sauvetage du Kerpont, et la plage de Nod Goven. Le temps est malheureusement à la pluie, pas moyen de faire de beaux clichés...

Je remonte Nord-est vers pour atteindre le magnifique moulin à marée du Birlot. Construit entre 1633 et 1638, il était la propriété du duc de Penthièvre, fils illégitime d'Henri IV, et seigneur de l'île de Bréhat. Le moulin a continué à moudre le grain pour produire la farine des Bréhatins jusqu'en 1920, année où un boulanger est venu s'installer sur l'île et a importé sa farine du continent, condamnant ainsi le moulin au silence. Le site, avec la digue et l'étang, est ensuite racheté en 1990 par la commune et, aujourd'hui, c'est une association qui veille sur lui et sur son entretien.

A l'ouest de l'île nord, dans les terres, je découvre le phare du Rosédo, sur le site du même nom (Terre à blé). Construit en granit et mesurant 13 mètres de hauteur, il remplace un précèdent phare construit en 1858 qui fut détruit par les Allemands en 1944. À sa reconstruction en 1948, il fut entièrement automatisé avec un feu à éclair à éclats blancs.

Je poursuis au nord-est de l'île pour rejoindre le phare du Paon qui se dresse majestueusement sur une pointe rocheuse. Construit en granit rouge, il mesure 11,70 mètres de hauteur. Il remplace un précèdent phare construit en 1853 et détruit par les Allemands en 1944, en même temps que le phare du Rosédo. À sa reconstruction en 1949, il fut entièrement automatisé avec un feu fixe.

Selon la légende, Mériadek, comte de Goëlo, avait deux fils : Gwil et Isselbert, qui, pour obtenir rapidement l'héritage paternel, décidèrent de le tuer. Celui-ci tenta de s'enfuir mais ses fils le rattrapèrent au Paon et le père fut assassiné. En précipitant le cadavre dans la mer, les deux fils furent pétrifiés et se transformèrent en rochers, le sang du défunt donnant sa couleur au granit. Ainsi naquit le gouffre du Paon.
Autre légende concernant ce lieu : autrefois, les jeunes Bréhatines venaient au bord du gouffre du Paon y lancer une pierre. Si la pierre tombait directement dans l'eau, elles se mariaient dans l'année, dans le cas contraire, elles devaient attendre autant d'années que de rebonds.

A l'ouest du phare, en bordure du sentier côtier, on trouve une ancienne cabane de douanier

Je rebrousse chemin vers le centre de l'île sud pour accéder à la chapelle Saint-Michel et sa croix datant du XVIIème siècle, point culminant de l'île à 33 mètres au-dessus du niveau de la mer. Cet endroit offre une vue à 360° sur l'île.

Je restitue le vélo et embarque à la cale n°2 pour retourner sur le continent. J'en profite pour faire quelques photos du bateau en quittant le port.

Ma journée s'achève sur l'île de Bréhat. 

Jour 3

Ma journée débute par la tour de Kerroc'h. Bâtit dans la deuxième moitié du XIXe siècle sur un promontoire, cette tour surplombe la baie de Paimpol. Cet édifice, surmontée d'une statue la vierge, fut construit  pour bénir les bateaux partant pêcher sur les côtes islandaises et qui payaient un lourd tribut aux tempêtes.

Je passe Paimpol et l'abbaye de Beauport, fermée ce matin-là, pour me diriger plus bas sur la côte vers le moulin de Craca. Ce moulin, construit en 1844 et restauré à l'identique en 1966, est le seul survivant des douze moulins de la commune de Plouézec. Il est bâti sur la falaise à 60 mètres d'altitude et à 80 mètres de la mer.  

Ma séance photo sera écourtée par un orage menaçant ... le temps change vite en bord de mer !

Je continue vers la pointe de Bilfot et la vue sur le phare de l'Ost-Pic. Construit de 1893 à 1894, le phare de l'Ost-Pic a été allumé le 15 août 1894 puis automatisé en 1911. En 1944, le haut de l'édifice est détruit par les troupes allemandes, mais le 19 mars 1948, le phare est reconstruit et rallumé. 

Et il me faut composer encore avec un orage et des vents violents sur cette fin de séance photo ... 

Je descends le long de la côte vers le phare du port de Binic qui fut construit en 1954 au centre du musoir de la jetée de Penthièvre, muraille de plus de 350m de long, qui ferme les bassins du port. 

Ma dernière étape de ces trois jours s'arrête à la chapelle Saint-Maurice qui surplombe la baie de Saint-Brieuc du haut d'une falaise à Morieux. Édifiée sur le rocher Saint-Maurice entre 1870 et 1880, elle résistera au temps jusqu'en 1940 où elle sera utilisée comme observatoire par les troupes allemandes. Elle y perdra son autel, ses vitraux et sa cloche. Elle sera finalement restaurée en 1983 par une association de sauvegarde du lieu.